Glossaire du bâtiment : comprendre ce que dit votre devis
Un devis de travaux emploie des termes que personne n’explique. Or tant que vous ne savez pas ce que désigne un ragréage ou une étanchéité sous carrelage, vous ne pouvez ni comparer deux offres, ni repérer ce qui manque dans la moins chère. Voici 58 termes définis, avec pour chacun ce qu’il faut vérifier.
Préparation des supports
Les lignes que les devis les moins chers suppriment en premier, parce qu’elles ne se voient pas une fois les travaux finis. Ce sont pourtant elles qui décident de la durée de vie de l’ouvrage.
- Dépose
- Retrait de l’existant avant la pose du neuf : ancien carrelage, sanitaires, cloison, menuiserie. La dépose dite soignée préserve le support ou l’élément retiré ; la dépose destructive va plus vite mais laisse un support à reprendre.
- À vérifier : Vérifiez que la dépose ET l’évacuation figurent au devis. Ce sont deux lignes différentes, et l’évacuation en ville dense — sacs, petits volumes, rotations — représente souvent plus d’heures que la dépose elle-même.
- Voir aussi : évacuation des gravats, repérage amiante avant travaux
- Enduit
- Couche de matière appliquée sur un support pour le dresser, le lisser ou le protéger. On distingue les enduits de rebouchage, de lissage, de dressage, et les enduits de façade, qui n’ont ni la même composition ni la même fonction.
- À vérifier : Sur un mur ancien en pierre ou en terre, la compatibilité compte plus que la finition : un enduit trop étanche empêche le mur de sécher et provoque des désordres qui apparaissent des années plus tard.
- Voir aussi : rebouchage, primaire d’accrochage
- Planéité
- Qualité d’une surface dont tous les points sont dans un même plan. Elle se mesure à la règle : on fait glisser une règle rigide sur le support et l’on mesure les écarts sous celle-ci. La tolérance admise dépend du revêtement à poser.
- À vérifier : Plus le carreau est grand, moins il pardonne : un défaut de planéité invisible sur du 20 × 20 crée des différences de niveau perceptibles sous le pied avec du 60 × 120.
- Voir aussi : ragréage, croisillon autonivelant
- Primaire d’accrochage
- Produit appliqué sur un support avant un enduit, une colle ou une peinture, pour que la couche suivante adhère durablement. Il régule aussi l’absorption d’un support poreux, qui sinon boirait l’eau du mortier et l’empêcherait de durcir correctement.
- À vérifier : C’est une ligne discrète et peu coûteuse. Son absence sur un support poreux — plâtre neuf, béton cellulaire, ancien carrelage — explique une grande partie des décollements constatés après quelques mois.
- Voir aussi : ragréage, enduit
- Ragréage
- Application d’un mortier fluide destiné à rattraper les irrégularités d’un sol avant la pose d’un revêtement. Un sol qui présente des creux, des bosses ou une ancienne colle irrégulière ne peut recevoir ni carrelage grand format, ni sol souple, ni parquet collé sans cette mise à plat.
- À vérifier : Sur un devis de pose de grand format, l’absence de ligne de ragréage est un signal. Soit le sol a été vérifié et jugé plan — l’entreprise doit pouvoir le dire —, soit le poste réapparaîtra en cours de chantier.
- Prix des solsVoir aussi : primaire d’accrochage, chape, planéité
- Rebouchage
- Comblement des trous, fissures et saignées d’un mur avant peinture ou pose. Selon la profondeur, on emploie un enduit de rebouchage, puis un enduit de lissage pour retrouver une surface homogène.
- À vérifier : En rénovation, c’est le poste le plus imprévisible : on ne connaît l’ampleur des reprises qu’après avoir décollé l’ancien revêtement. Un devis de peinture dans l’ancien qui ne mentionne aucune préparation mérite une question.
- Prix de la peintureVoir aussi : enduit, saignée
Sols et revêtements
Ce qui se pose au sol, et surtout ce qui se passe dessous.
- Calepinage
- Plan de pose établi avant de coller le premier carreau : sens, point de départ, position des coupes, alignement des joints. Il détermine l’aspect final et le volume de chutes.
- À vérifier : Le calepinage se décide avant, jamais pendant. Poser dans la longueur d’une pièce l’allonge visuellement et réduit les coupes ; une fois la colle étalée, plus rien n’est rattrapable.
- Voir aussi : croisillon autonivelant, pose en chevrons
- Chape
- Couche de mortier coulée sur un plancher pour obtenir une surface plane et de niveau, apte à recevoir un revêtement. On parle de chape traditionnelle lorsqu’elle est épaisse, de chape fluide lorsqu’elle s’auto-nivelle, de chape sèche lorsqu’elle est constituée de plaques posées sur un lit granulaire.
- À vérifier : Sur un plancher bois d’immeuble ancien, une chape traditionnelle est souvent exclue : son poids et son eau ne conviennent pas au support. La chape sèche est la réponse habituelle, et elle doit figurer explicitement au devis.
- Voir aussi : désolidarisation, ragréage, plancher bois
- Croisillon autonivelant
- Petit système composé d’un clip et d’une cale, placé entre deux carreaux voisins pendant la prise de la colle, qui les maintient dans le même plan. Il est cassé puis retiré après séchage.
- À vérifier : Sur les photos de chantier, ce sont ces pièces de plastique qui hérissent le sol. Leur présence sur du grand format est un bon signe : elles évitent les différences de niveau d’un carreau à l’autre, que l’on sent sous le pied avant de les voir.
- Voir aussi : planéité, calepinage
- Désolidarisation
- Interposition d’une natte ou d’un système entre le support et le carrelage, pour que les mouvements du support ne se transmettent pas au revêtement. Indispensable sur un plancher bois, qui travaille avec l’humidité et les charges.
- À vérifier : C’est la différence entre un carrelage posé sur dalle béton et le même carrelage sur plancher bois. Un devis qui propose la même mise en œuvre dans les deux cas n’a pas regardé le plancher.
- Prix du carrelageVoir aussi : chape, plancher bois
- Plancher bois
- Structure de sol constituée de poutres et de solives supportant un platelage. Caractéristique des immeubles parisiens anciens, il impose des limites de charge et des mouvements que les supports en béton n’ont pas.
- À vérifier : Il commande l’emplacement des pièces d’eau et exclut souvent la chape traditionnelle. Avant tout projet de déplacement de salle de bain dans l’ancien, la question à poser est : que supporte le plancher, et où passent les poutres ?
- Voir aussi : chape, désolidarisation
- Plinthe
- Bande fixée au bas d’un mur, à la jonction avec le sol. Elle masque le joint de dilatation périphérique du revêtement et protège le bas du mur des chocs et du nettoyage.
- À vérifier : Sur un revêtement qui se dilate — parquet flottant, stratifié — la plinthe ne doit jamais bloquer le revêtement contre le mur : le jeu périphérique est ce qui lui permet de travailler sans se soulever.
- Voir aussi : joint de dilatation
- Pose en chevrons
- Pose dans laquelle chaque lame est coupée en biais à ses extrémités, les lames se rejoignant en pointe pour former un motif continu. À distinguer de la pose à bâtons rompus, où les lames sont coupées droit et se décalent.
- À vérifier : Elle coûte nettement plus cher qu’une pose droite : temps de traçage, coupes en biais, et pertes de matière supérieures. C’est un choix esthétique assumé, dont le surcoût doit apparaître clairement au devis.
- Prix du parquetVoir aussi : calepinage
Murs, cloisons et plafonds
Ce qui sépare les pièces, porte les charges ou habille les parois.
- Doublage
- Paroi rapportée contre un mur existant, généralement composée d’un isolant et d’un parement. Il sert à isoler thermiquement ou acoustiquement, ou à rattraper un mur irrégulier.
- À vérifier : Il coûte quelques centimètres par mur. Dans une pièce à moulures ou à corniches, le tracé se prépare pièce par pièce : un doublage mal arrêté abîme précisément ce qu’on voulait conserver.
- Voir aussi : plaque de plâtre, pare-vapeur, pont thermique
- Hydrofuge
- Qualifie un matériau traité pour résister à l’humidité. Les plaques de plâtre hydrofuges, reconnaissables à leur teinte verte, sont destinées aux pièces d’eau.
- À vérifier : Hydrofuge ne veut pas dire étanche. Dans une douche, l’étanchéité sous carrelage reste indispensable : la plaque résiste à l’humidité ambiante, elle n’arrête pas l’eau.
- Voir aussi : plaque de plâtre, étanchéité sous carrelage
- IPN, IPE, HEA
- Profilés métalliques utilisés pour reprendre les charges lorsqu’un mur porteur est ouvert. Les lettres désignent la forme de la section ; le choix du profilé et son dimensionnement relèvent du calcul, pas de l’habitude.
- À vérifier : Le prix d’une ouverture de mur porteur tient moins au profilé qu’à tout ce qui l’entoure : étude, étaiement, reprise en sous-œuvre, habillage. Un devis qui ne détaille que « fourniture et pose IPN » est incomplet.
- Voir aussi : mur porteur, étaiement
- Mur de refend
- Mur intérieur porteur, qui divise le bâtiment dans sa profondeur et participe à sa stabilité. Fréquent dans les immeubles collectifs des décennies d’après-guerre.
- À vérifier : C’est souvent lui qui sépare la cuisine du séjour dans les appartements des années 1960 et 1970, et donc lui qui décide de la faisabilité d’une ouverture. Une étude de structure tranche avant toute commande de mobilier.
- Voir aussi : mur porteur, ipn, ipe, hea
- Mur porteur
- Mur qui reprend des charges de la structure — planchers, toiture, murs supérieurs — et les transmet aux fondations. Par opposition à une cloison de distribution, qui ne fait que séparer des espaces.
- À vérifier : L’ouvrir n’est jamais une décision de chantier. Il faut une étude par un bureau d’études ou un ingénieur, l’accord de la copropriété en assemblée générale, et le plus souvent une assurance spécifique pendant l’intervention. Ces délais se comptent en mois, pas en jours.
- Voir aussi : mur de refend, ipn, ipe, hea
- Plaque de plâtre
- Plaque composée d’un cœur de plâtre entre deux feuilles de carton, vissée sur une ossature métallique ou collée sur un mur. Elle sert à cloisonner, à doubler un mur ou à réaliser un plafond.
- À vérifier : Les plaques hydrofuges, destinées aux pièces humides, résistent là où une plaque ordinaire se dégrade. Elles ne dispensent pas de l’étanchéité sous carrelage dans une douche : ce sont deux protections différentes.
- Prix des cloisonsVoir aussi : doublage, hydrofuge, renfort
- Renfort
- Élément — panneau de bois, rail renforcé, traverse — intégré dans une cloison avant sa fermeture, pour permettre d’y fixer plus tard une charge : meuble haut, lavabo suspendu, téléviseur, radiateur.
- À vérifier : C’est le détail qu’on oublie et qui coûte cher. Tout renfort non prévu avant la pose des plaques devient une reprise dans un ouvrage tout juste terminé. Faites lister les points de fixation avant de refermer.
- Voir aussi : plaque de plâtre
- Saignée
- Entaille pratiquée dans un mur ou une dalle pour y loger une gaine électrique ou une canalisation, refermée ensuite au mortier ou à l’enduit.
- À vérifier : Les saignées sont encadrées : leur profondeur et leur orientation ne sont pas libres sur un élément porteur. Une saignée horizontale de grande longueur dans un mur porteur est un signal d’alerte.
- Voir aussi : gaine icta, rebouchage
Plomberie et pièces d’eau
Alimentation, évacuation, étanchéité : trois sujets distincts qu’un devis confond souvent.
- Bâti-support
- Ossature métallique fixée au sol et au mur, qui supporte une cuvette de WC suspendue et intègre le réservoir de chasse. Elle est ensuite coffrée et habillée.
- À vérifier : Le coffrage est définitif : prévoyez une trappe d’accès au réservoir, sinon la moindre intervention imposera de casser l’habillage.
- Voir aussi : plaque de plâtre, renfort
- Broyeur sanitaire
- Appareil qui broie les effluents et les refoule sous pression dans une canalisation de petit diamètre, permettant d’installer un WC ou une salle d’eau loin d’une évacuation gravitaire.
- À vérifier : Il autorise ce que la pente interdit, au prix d’un appareil bruyant, consommable et sensible à ce qu’on y jette. Certains règlements de copropriété l’interdisent : vérifiez avant de dessiner le plan, pas après.
- Voir aussi : colonne montante, pente d’évacuation
- Caniveau de douche
- Évacuation linéaire, placée contre un mur ou en travers de la douche, qui remplace le siphon de sol ponctuel. Elle permet une pente sur un seul axe plutôt que dans quatre directions.
- À vérifier : Elle simplifie la pose de carreaux grand format, qu’une pente à quatre pans obligerait à recouper. C’est autant un choix technique qu’esthétique.
- Voir aussi : douche à l’italienne, pente d’évacuation
- Colonne montante
- Canalisation verticale commune à un immeuble, qui dessert les logements étage par étage — en eau, ou en évacuation. Elle appartient aux parties communes.
- À vérifier : Elle fixe l’emplacement possible des pièces d’eau. S’en éloigner suppose de retrouver une pente d’évacuation, ou de passer par un broyeur — solution que certains règlements de copropriété interdisent. C’est la première question d’un projet de salle de bain en appartement.
- Prix de la plomberieVoir aussi : pente d’évacuation, broyeur sanitaire
- Douche à l’italienne
- Douche dont le sol est de plain-pied avec celui de la pièce, sans receveur surélevé, l’eau étant évacuée par un siphon de sol ou un caniveau intégré à la forme de pente.
- À vérifier : Sa réussite tient entièrement à ce qui ne se voit pas : forme de pente, étanchéité, raccordement. Demandez que ces trois postes figurent séparément au devis — leur absence explique l’essentiel des sinistres en pièce d’eau.
- Prix d’une salle de bainVoir aussi : pente d’évacuation, étanchéité sous carrelage, caniveau de douche
- Étanchéité sous carrelage
- Système appliqué sur le support avant le collage du carrelage dans une pièce d’eau, pour empêcher l’eau d’atteindre la structure. Il se présente sous forme de résine appliquée au rouleau ou de natte collée, avec des bandes de renfort aux angles et aux traversées.
- À vérifier : Le carrelage et ses joints ne sont pas étanches : c’est ce système, invisible une fois la pose faite, qui protège le plancher et les voisins du dessous. Un devis de douche qui ne le mentionne pas est incomplet, quel que soit son prix.
- Voir aussi : douche à l’italienne, hydrofuge, pente d’évacuation
- Pente d’évacuation
- Inclinaison donnée à une canalisation d’évacuation pour que l’eau s’écoule par gravité. Insuffisante, l’eau stagne et les dépôts s’accumulent ; excessive, l’eau part plus vite que les matières et le conduit s’encrasse.
- À vérifier : Dans une douche à l’italienne, la forme de pente se réalise avant le carrelage et ne se voit jamais sur le résultat fini. C’est exactement pour cela qu’un devis trop bas commence par la supprimer.
- Voir aussi : colonne montante, douche à l’italienne, étanchéité sous carrelage
- Siphon
- Portion de canalisation en forme de U qui conserve un peu d’eau en permanence, formant un bouchon liquide qui empêche les odeurs de remonter des évacuations.
- À vérifier : Une odeur persistante dans une pièce d’eau peu utilisée vient presque toujours d’un siphon désamorcé par évaporation. Faire couler l’eau quelques secondes suffit à le remplir de nouveau.
- Voir aussi : pente d’évacuation
Électricité
Le vocabulaire du tableau, des circuits et de la sécurité.
- Circuit spécialisé
- Circuit dédié à un seul appareil gourmand — plaque de cuisson, four, lave-linge, lave-vaisselle — tiré directement depuis le tableau, avec sa propre protection.
- À vérifier : C’est ce qui manque le plus souvent dans les logements anciens, où tout l’électroménager partage une même ligne. Le symptôme : le disjoncteur saute quand le four et la plaque fonctionnent ensemble.
- Voir aussi : tableau électrique
- Gaine ICTA
- Gaine annelée, souple et isolante, dans laquelle passent les conducteurs électriques. Elle protège les câbles et permet de les remplacer sans casser le mur.
- À vérifier : Passer les câbles sous gaine plutôt qu’en direct dans une cloison est ce qui rend une installation modifiable. Sur un chantier où les murs sont ouverts, c’est le moment de prévoir large.
- Voir aussi : saignée
- Interrupteur différentiel
- Dispositif qui compare le courant entrant et le courant sortant d’un circuit. Dès qu’une différence apparaît — signe qu’une partie du courant s’échappe, par exemple à travers un corps — il coupe l’alimentation.
- À vérifier : Il protège les personnes, là où le disjoncteur protège l’installation. Ce sont deux fonctions distinctes, et les deux sont nécessaires.
- Voir aussi : tableau électrique, mise à la terre
- Mise à la terre
- Liaison qui conduit vers le sol le courant s’échappant d’un appareil défectueux, permettant au dispositif différentiel de détecter la fuite et de couper.
- À vérifier : Son absence est fréquente dans les installations anciennes, et c’est le défaut de sécurité le plus courant. Sans elle, le différentiel ne peut pas jouer son rôle : les deux forment un ensemble.
- Voir aussi : interrupteur différentiel, tableau électrique
- Tableau électrique
- Coffret qui regroupe les dispositifs de protection d’un logement : disjoncteurs divisionnaires par circuit et interrupteurs différentiels. C’est le point de départ et de contrôle de toute l’installation.
- À vérifier : Sa remise à niveau est le premier poste d’un logement ancien. Vérifiez qu’il reste des emplacements libres : un tableau saturé obligera à tout reprendre au prochain ajout.
- Prix de l’électricitéVoir aussi : interrupteur différentiel, circuit spécialisé, mise à la terre
- Volumes de sécurité
- Découpage réglementaire de l’espace autour d’une baignoire ou d’une douche en zones, chacune n’admettant que certains équipements électriques selon leur protection contre l’eau.
- À vérifier : C’est ce qui détermine où une prise, un spot ou un sèche-serviettes peuvent être posés dans une salle de bain. Les règles précises se vérifient auprès d’un professionnel : elles évoluent et dépendent de la configuration.
- Voir aussi : mise à la terre, interrupteur différentiel
Isolation et ventilation
Deux sujets indissociables : traiter l’un sans l’autre déplace le problème.
- Combles perdus
- Volume sous toiture non aménageable, du fait d’une hauteur insuffisante ou d’une charpente encombrante. Par opposition aux combles aménageables, transformables en pièce habitable.
- À vérifier : Leur isolation est presque toujours le premier geste à faire dans une maison : la chaleur s’échappe d’abord par le haut, l’opération est rapide et ne perturbe pas l’occupation du logement.
- Voir aussi : pont thermique, vmc
- Condensation
- Passage de la vapeur d’eau de l’air à l’état liquide au contact d’une surface froide. Elle se manifeste par de la buée, des coulures, puis des moisissures.
- À vérifier : Des traces de condensation sur les murs donnant sur l’extérieur signalent une ventilation insuffisante. La peinture les masquera sans les traiter : c’est la ventilation qu’il faut reprendre, pas le mur.
- Voir aussi : vmc, pont thermique, pare-vapeur
- Inertie thermique
- Capacité d’un matériau à stocker la chaleur puis à la restituer lentement. Les murs épais en pierre ou en terre ont une forte inertie : ils mettent du temps à chauffer, et autant à refroidir.
- À vérifier : Doubler un mur ancien à forte inertie par l’intérieur supprime le bénéfice de cette inertie, précieux l’été. Dans un bâti ancien, ce n’est pas toujours le bon arbitrage.
- Voir aussi : doublage, pont thermique
- Pare-vapeur
- Membrane posée du côté chaud d’une isolation, qui limite le passage de la vapeur d’eau contenue dans l’air intérieur vers l’isolant, où elle se condenserait.
- À vérifier : Posé du mauvais côté ou mal raccordé, il enferme l’humidité dans la paroi qu’il devait protéger. C’est l’erreur la plus coûteuse d’un chantier d’isolation, et elle ne se voit que des années plus tard.
- Voir aussi : doublage, condensation, pont thermique
- Pont thermique
- Zone d’une paroi où la chaleur s’échappe plus facilement qu’ailleurs, par rupture ou faiblesse de l’isolation : jonction d’un mur et d’un plancher, contour de fenêtre, coffre de volet roulant.
- À vérifier : Ils expliquent pourquoi une isolation posée sans soin donne un résultat décevant. Ils se repèrent l’hiver aux traces d’humidité ou de moisissure qui dessinent la structure sur le mur.
- Prix de l’isolationVoir aussi : doublage, pare-vapeur, condensation
- VMC
- Ventilation mécanique contrôlée : système qui extrait en continu l’air vicié des pièces humides et le remplace par de l’air neuf entrant par les pièces de vie. Simple flux lorsqu’elle n’extrait que l’air, double flux lorsqu’elle récupère la chaleur de l’air sortant.
- À vérifier : Un logement ancien se ventilait par ses défauts d’étanchéité. Les supprimer en isolant sans installer de ventilation transforme un problème thermique en problème d’humidité. Les deux postes se traitent ensemble ou pas du tout.
- Voir aussi : condensation, pont thermique
Devis, assurances et documents
Ce que vous devez recevoir, vérifier et conserver.
- Avenant
- Document modifiant un devis signé, pour ajouter, retirer ou changer une prestation. Il précise la nouvelle somme et, le cas échéant, l’incidence sur le délai.
- À vérifier : Toute demande supplémentaire en cours de chantier doit passer par un avenant écrit avant exécution. Les « on verra à la fin » sont la première cause de litige sur le montant final.
- Voir aussi : devis, situation de travaux
- Devis
- Proposition chiffrée et détaillée, qui engage l’entreprise sur un prix et un périmètre dès qu’il est signé. Il doit permettre d’identifier chaque poste, les quantités et les prix unitaires.
- À vérifier : Comparez ligne à ligne, jamais sur le total. Deux devis qui diffèrent fortement ne couvrent presque jamais la même chose : la préparation des supports, la dépose et l’évacuation sont les lignes les plus souvent omises.
- Guide : lire un devisVoir aussi : situation de travaux, avenant
- Garantie de parfait achèvement
- Obligation faite à l’entreprise, pendant un an après la réception, de reprendre les désordres signalés dans les réserves ou apparus durant cette année.
- À vérifier : Elle ne joue que sur ce qui a été signalé par écrit. D’où l’importance du procès-verbal de réception : un désordre constaté oralement et jamais consigné n’ouvre aucun droit.
- Voir aussi : réception des travaux, réserves, garantie décennale
- Garantie décennale
- Assurance obligatoire pour les professionnels du bâtiment, qui couvre pendant dix ans après la réception les dommages compromettant la solidité de l’ouvrage ou le rendant impropre à son usage.
- À vérifier : Demandez l’attestation avant de signer, vérifiez qu’elle est en cours de validité et que les activités couvertes correspondent à vos travaux. Une attestation qui ne mentionne pas le métier concerné ne vous protège pas.
- Guide des garantiesVoir aussi : garantie de parfait achèvement, réception des travaux, responsabilité civile professionnelle
- Responsabilité civile professionnelle
- Assurance qui couvre les dommages causés à des tiers pendant le chantier : dégât des eaux chez un voisin, bris d’un élément existant, blessure.
- À vérifier : Elle est distincte de la décennale et couvre une autre période : pendant les travaux plutôt qu’après. Les deux attestations sont à demander, pas l’une ou l’autre.
- Voir aussi : garantie décennale
- Situation de travaux
- État périodique de l’avancement, servant de base à un paiement intermédiaire. Elle rapporte ce qui a été réalisé à ce qui était prévu.
- À vérifier : Ne payez jamais en avance sur l’avancement réel. Un échéancier sain suit le chantier : acompte au démarrage, versements sur situations, solde après levée des réserves.
- Voir aussi : devis, réception des travaux
- TVA réduite
- Taux de TVA minoré applicable à certains travaux dans les logements achevés depuis un certain temps, sous conditions tenant à la nature des travaux et à l’usage du logement.
- À vérifier : Les taux et les conditions évoluent et dépendent du détail de vos travaux : faites-les confirmer par l’entreprise, qui engage sa responsabilité sur le taux appliqué, et conservez l’attestation qu’elle vous fera signer.
- Guide TVA travauxVoir aussi : devis
Déroulement du chantier
Les termes qui rythment un chantier, de la visite à la réception.
- Architecte des Bâtiments de France
- Architecte de l’État chargé de veiller à la qualité architecturale et patrimoniale dans les périmètres de protection : abords des monuments historiques, sites patrimoniaux remarquables. Son avis conditionne l’autorisation.
- À vérifier : Dans ces périmètres, toute modification visible depuis l’espace public passe par cet avis, qui peut porter sur les matériaux et les techniques autant que sur l’aspect. Engagez la démarche très en amont : des menuiseries fabriquées puis refusées sont une perte sèche.
- Voir aussi : déclaration préalable, plan local d’urbanisme
- Constat de risque d’exposition au plomb
- Diagnostic recherchant la présence de plomb dans les peintures anciennes, probable dans les logements construits avant 1949.
- À vérifier : Il conditionne les précautions à prendre lors du décapage ou du ponçage. Un chantier de peinture dans un immeuble ancien qui ne pose jamais la question mérite qu’on la pose à sa place.
- Voir aussi : repérage amiante avant travaux, dépose
- Déclaration préalable
- Formalité d’urbanisme exigée pour les travaux modifiant l’aspect extérieur d’un bâtiment ou créant une surface limitée : changement de menuiseries, ravalement, petite extension.
- À vérifier : La liste des travaux concernés et les seuils dépendent de votre commune et de votre parcelle. Le service urbanisme de la mairie vous répond gratuitement, et c’est la démarche à engager avant toute commande de matériaux.
- Guide des autorisationsVoir aussi : architecte des bâtiments de france, plan local d’urbanisme
- Étaiement
- Dispositif provisoire qui reprend les charges d’une structure pendant une intervention : ouverture d’un mur porteur, reprise en sous-œuvre, remplacement d’une poutre.
- À vérifier : Il ne se voit pas sur le résultat fini et représente pourtant une part significative du coût d’une ouverture de mur porteur. Son absence d’un devis d’ouverture est un signal d’alerte.
- Voir aussi : mur porteur, ipn, ipe, hea
- Évacuation des gravats
- Retrait des déchets de chantier vers une filière de traitement. Selon le volume et l’accès, elle se fait par benne, par sacs, ou par rotations de véhicule utilitaire.
- À vérifier : En ville dense, poser une benne sur la voie publique suppose une autorisation municipale, dont le délai peut décaler un démarrage. C’est le poste invisible qui creuse l’écart entre un devis parisien et un devis de grande couronne.
- Voir aussi : dépose, repérage amiante avant travaux
- Joint de dilatation
- Espace laissé volontairement entre deux parties d’un ouvrage, ou en périphérie d’un revêtement, pour absorber les variations dimensionnelles dues à la température et à l’humidité.
- À vérifier : Sur un grand sol carrelé ou un parquet flottant, sa suppression au nom de l’esthétique provoque des soulèvements. Il se masque sous une plinthe ou un profilé, il ne se supprime pas.
- Voir aussi : plinthe, planéité
- Plan local d’urbanisme
- Document communal qui fixe, parcelle par parcelle, ce qu’il est possible de construire et sous quelle forme : emprise au sol, hauteur, aspect des façades, clôtures, stationnement.
- À vérifier : C’est lui qui décide si votre extension ou votre surélévation est possible, et à quelles conditions. Il se consulte en mairie ou en ligne, avant de faire dessiner un plan — jamais après.
- Voir aussi : déclaration préalable, architecte des bâtiments de france
- Réception des travaux
- Acte par lequel vous acceptez l’ouvrage, avec ou sans réserves. Elle fait courir les garanties et marque le transfert de la responsabilité de l’ouvrage.
- À vérifier : C’est le moment le plus important du chantier pour vous. Prenez le temps d’examiner pièce par pièce, consignez chaque désordre par écrit, et ne soldez qu’après la levée des réserves.
- Voir aussi : réserves, garantie de parfait achèvement, garantie décennale
- Repérage amiante avant travaux
- Recherche, par un opérateur certifié, de matériaux contenant de l’amiante dans les parties du bâtiment concernées par les travaux. Elle s’impose sur les constructions antérieures à l’interdiction de 1997.
- À vérifier : Son résultat change la méthode de dépose, donc le prix et le délai. Le faire réaliser avant de demander des devis permet de comparer des offres qui couvrent réellement la même chose.
- Voir aussi : constat de risque d’exposition au plomb, dépose, évacuation des gravats
- Réserves
- Désordres, malfaçons ou finitions manquantes consignés au procès-verbal de réception. L’entreprise doit les reprendre dans le délai convenu.
- À vérifier : Une réserve non écrite n’existe pas. Photographiez, décrivez précisément la localisation, et faites signer le document par les deux parties le jour même.
- Voir aussi : réception des travaux, garantie de parfait achèvement
Un terme manque ?
Ce glossaire est complété au fil des questions que l’on nous pose. Si une ligne de votre devis reste obscure, écrivez-nous à [email protected] : nous vous répondrons, et le terme rejoindra cette page.
Pour aller plus loin, notre guide de lecture d’un devis explique dans quel ordre examiner les postes, et notre méthode détaille d’où viennent les chiffres que nous publions.
Savoir ce que devrait coûter votre projet
Une fourchette poste par poste, avec les hypothèses retenues affichées — de quoi comparer les devis que vous recevrez.